Message d'Esteban Lazo Hernández aux peuples d'Afrique

La Havane, 25 mai 2020. A l'occasion de la Journée de l'Afrique, le député Esteban Lazo Hernández, président de l'Assemblée nationale du pouvoir populaire, a adressé un message adressé aux peuples de ce continent dans lequel, au nom des députés, les Cubains réitèrent leur profonde affection et expriment leurs félicitations et leurs vœux de prospérité croissante et de nouvelles victoires.

Message d’Esteban Lazo Hernández, président de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire de la République de Cuba, à l’occasion de la Journée de l’Afrique.

C’est pour moi un plaisir immense que de transmettre, au nom des députés cubains, mes félicitations les plus sincères aux peuples africains en cette occasion si spéciale. La Journée de l’Afrique constitue une date significative aussi bien pour ce continent que pour Cuba compte tenu de liens profonds qui nous unissent.

Plus d’un million deux cents mille fils d’Afrique, on le sait, sont arrivés à Cuba, arrachés à leur terre dans le cadre de l’abominable trafic d’esclaves, et ils ont contribué extraordinairement à la formation de la nationalité cubaine. L’héritage africain fait partie essentielle de notre culture, de nos croyances et de nos coutumes. Les Cubains descendants d’Africains ont constitué environ les trois quarts de l’Armée de libération durant nos guerres d’indépendance contre le colonialisme espagnol, et ils ont donné de nombreux grands chefs militaires qui ont fait preuve de tant de courage sur les champs de bataille.

L’Afrique fait partie essentielle de ce que nous sommes aujourd’hui, nous les Cubains, et Fidel a été conséquent avec cette réalité qui, dès les débuts mêmes de la Révolution, a guidé nos relations spéciales avec le continent africain.

Cuba se sent à la fois fière et honorée d’avoir eu l’occasion de contribuer aux luttes de l’Afrique contre le colonialisme et le racisme. Plus de trois cent mille combattants internationalistes cubains se sont battus contre l’injustice et la domination sur le continent, et plus de deux mille y ont perdu la vie. Du sang cubain et du sang africain se sont mêlés en terre africaine, ce qui nous unit à jamais.

C’est en 1963 que Cuba a envoyé sa première mission médicale sur le continent africain. Rendant publique cette décision d’aider le peuple frère africain en lui envoyant cette première brigade de personnels de santé, Fidel avait affirmé : «Aujourd’hui, nous ne pouvons en envoyer que cinquante, mais, dans huit ou dix ans, allez savoir combien pourront aider nos frères».

Fidel annonçait là l’avenir. Un peu plus d’un demi-siècle après, des milliers de personnels cubains ont coopéré en Afrique, non seulement dans le domaine de la santé, mais aussi dans ceux de l’éducation, de la culture, du sport, de l’agriculture et de bien d’autres. Aujourd’hui même, environ six mille coopérants cubains travaillent dans trente-deux pays du continent, la grande majorité dans le secteur de la santé, cette présence ayant d’ailleurs été renforcée en réponse à la pandémie du Covid-19.

La coopération de Cuba avec les pays africains ne s’est pas bornée à l’envoi de personnels dans le continent : un des domaines de coopération les plus marquants a été la formation de jeunes Africains dans notre pays. À ce jour, plus de trente mille étudiants se sont formés dans différentes spécialités, notamment la médecine. Les diplômés à Cuba ont, à notre grande satisfaction, fait preuve des valeurs de solidarité et d’humanisme dans lesquelles ils ont été formés en exerçant leurs professions dans leurs nations respectives.

Nous savons profondément gré à l’Afrique de ses démonstrations d’appui et de solidarité constantes face aux agressions continuelles dont nous sommes victimes. Le continent africain vote tous les ans comme un seul homme la résolution que Cuba présente à l’Assemblée générale des Nations Unies pour réclamer la levée du blocus économique, commercial et financier criminel des Etats-Unis. Nous savons gré de même à l’Union africaine d’adopter tous les ans une résolution réclamant la levée immédiate du blocus, ainsi que, entre autres, aux gouvernements, aux parlements, aux partis politiques et aux associations de solidarité qui, de tous les confins du continent, se solidarisent avec le peuple cubain. Nous tenons à les assurer que nous ne céderons jamais sur nos principes et que nous continuerons d’aider par nos modestes efforts tous ceux qui en ont besoin, exactement comme nous l’avons fait durant ces soixante années.

Au nom de quelle morale l’impérialisme peut-il diffamer l’internationalisme, la solidarité et la coopération de Cuba en Afrique et dans le reste du monde? Comment les impérialistes osent-ils attaquer la coopération médicale cubaine? Car, même en pleine pandémie, l’administration étasunienne émet des déclarations pour tenter d’intimider les gouvernements qui, en toute souveraineté, demandent l’aide de Cuba.

L’administration étasunienne a intensifié ses actions contre notre pays, recourant toujours plus délibérément, pour les justifier, aux mensonges et au chantage les plus grossiers, depuis de prétendues «attaques sonores» contre ses diplomates ou la présence de vingt mille militaires cubains au Venezuela, jusqu’à toute les autres mesures de durcissement du blocus: application totale du Titre III de la loi Helms-Burton; traque obsessionnelle et implacable de navires pétroliers pour les empêcher d’accoster à Cuba; entraves au commerce et aux investissements; interdiction aux compagnies de croisière maritime et aux lignes aériennes de se rendre à Cuba, pour n’en mentionner que quelquesunes.

Notre ambassade à Washington a fait l’objet, récemment, d’une attaque terroriste. Nous dénonçons une fois de plus le silence complice de l’administration étasunienne qui, à ce jour, n’a pas encore condamné un fait si grave et si méprisable. Et nous dénonçons aussi que cet acte terroriste est le fruit de la politique d’incitation à la haine et à la violence que cette administration suit contre notre pays.

Paradoxalement, voilà quelques jours à peine, le Département d’État des ÉtatsUnis a eu le cynisme d’inscrire Cuba sur sa liste des pays qui ne coopèrent pas avec l’administration dans la lutte contre le terrorisme. C’est là une autre tentative de souiller l’image de notre pays et de justifier ses agressions permanentes.

Dans la conjoncture actuelle, autrement dit face à cette nouvelle pandémie qui menace toute l’humanité, nous renouvelons notre ferme solidarité avec l’Afrique et soulignons une fois de plus la valeur de la coopération internationale en situations de crise. Aussi Cuba a-t-elle envoyé des brigades médicales dans cinq pays africains à la demande de leurs gouvernements, ce qui renforce la présence des coopérants cubains qui étaient déjà sur place dans le continent et qui se sont mis au service des autorités locales dans le combat contre la Covid19.

Je tiens avant de conclure à réitérer mes félicitations au continent africain pour lequel nous éprouvons une profonde affection et à lui souhaiter une prospérité croissante et de nouvelles victoires. Je suis convaincu qu’il obtiendra des succès dans la mise en œuvre de ses grands projets de développement socioéconomique, tel le Programme 2063, auxquels Cuba a apportés son appui résolu.

Vive la fraternité entre Cuba et l’Afrique!

Esteban Lazo Hernández

La Havane, 25 mai 2020.

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