Le blocus contre Cuba, une conception pour durer aux États-Unis

La Havane, 24 décembre (Prensa Latina) Modifier la politique des États-Unis à l’égard de Cuba est une promesse du président élu, Joe Biden, mais il aura des pouvoirs limités contre le blocus et doit faire face à une législation conçue pour durer, a expliqué aujourd’hui une source spécialisée.

En exclusivité pour Prensa Latina, la docteure en sciences juridiques Seida Barrera a souligné que le noyau de la politique hostile contre l’île est formé par plusieurs lois, comme les Torricelli et Helms-Burton, que seul le Congrès étasunien peut éliminer.

Selon l’experte, depuis 1959, Washington a considéré qu’un système socialiste pourrait porter atteinte à sa position de pouvoir dans la région et a donc pris des mesures pour éliminer cette menace : légalement, le blocus de Cuba a commencé en 1962, avec la proclamation 3447 de John F. Kennedy.

'Le président n’a pas le pouvoir d’ordonner son abrogation, mais il peut cependant supprimer des ordres, proclamations, notifications et déterminations de l’exécutif liés à ce siège', a précisé la juriste.

En outre, il a le pouvoir d’agir sur les agences et départements fédéraux placés sous son commandement, les plus fréquents en ce sens étant ceux du Trésor, de l’État et de la Justice.

La spécialiste du Centre d’études hémisphériques et des États-Unis de La Havane a souligné que les options pour abroger les dispositions du blocus pourraient prendre des années étant donné les complexités du mécanisme législatif du Congrès.

'Il a été conçu de cette façon, profitant du fait que dans ce système l’accumulation est un phénomène inhérent, donc vous enlevez un obstacle et vous pouvez en garder plusieurs autres', a-t-elle signalé.

Selon des sources officielles, entre le 20 janvier 2001 (date d’entrée en fonctions du président George W. Bush) et le 3 novembre 2020 (date des dernières élections) 131 actes juridiques liés au blocus ont été traités, dont 100 % ont abouti à des prorogations ou à des modifications de législations antérieures.

Selon Barrera, l’administration de Barack Obama (2008-2016) a montré ce qui peut être fait pour assouplir l´application de ce siège puisque le mandataire a souscrit à des actions exécutives qui ont favorisé un climat de sécurité.

'Avec Trump, en revanche, nous avons observé tous les dommages qui peuvent être causés en un temps record', a-t-elle souligné.

En effet, l’administration du républicain a laissé en 2020 des chiffres inédits de dommages pour cette politique punitive contre Cuba intensifiée pendant la pandémie.

Le chancelier de l’île, Bruno Rodriguez, a récemment rapporté que, pour la première fois en 60 ans, cette politique hostile a provoqué des pertes de plus de 5 milliards de dollars en un an.

Par ailleurs, l’application extraterritoriale s’est aggravée entre 2019 et 2020, le Bureau pour le contrôle des avoirs étrangers des États-Unis ayant imposé 12 pénalités, qui ont dépassé les 2 milliards 403 millions 985 mille dollars.

Selon Barrera, la coercition des États-Unis a commencé dès le triomphe révolutionnaire, le 1er janvier 1959, par des pressions sur des sociétés étrangères pour qu’elles cessent leurs ventes à Cuba, puis la loi Torricelli (1992) a menacé de sanctions les pays qui coopéraient avec l’île et la Helms-Burton (1996) a perfectionné ce mécanisme.

Sous le mandat de Donald Trump, des procédures judiciaires ont été engagées en vertu de cette dernière loi pour la première fois en 23 ans.

Les postures des démocrates et des républicains, les intérêts des groupes de pouvoir et les sanctions comme méthode de pression démontrent pour Barrera qu’en définitive 'cette politique est appliquée à des degrés différents en fonction des intérêts des élites impliquées'

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