Les snowbirds commencent à arriver à Cuba JACQUES LANCTÔT

Oui, je sais, et je ne veux pas tourner inutilement le fer dans la plaie congelée... Pendant que vous subissez déjà les pleines rigueurs de l’hiver avant même que la saison froide n’ait officiellement débuté, ici sur l’île cubaine, c’est bleu ciel avec des températures de 28-29 degrés.

Les touristes qui fuient l’hiver (snowbirds) commencent à arriver lentement. Des Québécois, des Canadiens et beaucoup de Russes forment les premiers contingents des touristes venus de l’extérieur. Petit à petit, les hôtels de Varadero, Cayo Coco, Cayo Guillermo et Cayo Largo ouvrent leurs portes 4 et 5 étoiles. À La Havane, la rentrée officielle n’a pas encore sonné. D’ailleurs, il n’y a actuellement aucune liaison commerciale Montréal-La Havane, mais ça ne saurait tarder.

Les vacanciers doivent suivre un strict protocole recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avec test de dépistage PCR dès l’arrivée à l’aéroport, confinement dans votre chambre d’hôtel jusqu’au résultat du test, vingt-quatre heures plus tard, port du masque sanitaire lors des déplacements à travers l’hôtel, etc. Cela peut sembler exigeant mais à Cuba tout revêt une saveur tropicale.

La plupart des nouveaux cas de covid-21 viennent d’ailleurs de l’extérieur de l’île. Ils sont vite repérés dès leur arrivée dans l’île, pour éviter la chaîne de propagation, et soignés. Les nouveaux cas oscillent autour de la soixantaine par jour. Rien à voir avec le Québec où les statistiques me donnent froid dans le dos et m’incitent à demeurer à Cuba pour ma propre sécurité.

Monnaie unique

Le touriste québécois qui visitera Cuba dans les prochaines semaines devra s’habituer à un nouveau style de vie. À partir du premier janvier, il n’y aura plus qu’une seule monnaie en circulation : le peso cubain. Le cuc disparaît et ceux qui en possèdent auront 180 jours pour les échanger au taux officiel : 1 cuc = 24 pesos. Ce taux vaut également pour le dollar américain.

Dans le cadre de cette réorganisation monétaire, le gouvernement entend redonner au travail salarié ses lettres de noblesse. Travail doit signifier enrichissement personnel et communautaire. À partir du premier janvier, tous les employés de l’État verront leur salaire multiplié par cinq. Mais le prix des denrées, des produits manufacturés et des services (électricité, gaz, eau, téléphone) va aussi suivre la même tendance. Le prix des

denrées alimentaires de base sera toutefois contrôlé, de façon à ne laisser personne dans le besoin. On ne pourra plus se plaindre que travailler c’est trop dur et que ça ne paie pas. Le mot d’ordre : tout le monde au travail. C’est d’autant plus nécessaire que les envois d’argent en provenance des États-Unis sont, en réalité, suspendus depuis que le président Trump a entrepris d’étrangler un peu plus l’île socialiste.

Le touriste devra s’attendre à payer un peu plus cher sa bouteille de rhum, ses cigares et autres souvenirs. Il pourra continuer d’échanger ses dollars canadiens au bureau de change CADECA et on lui remettra des pesos cubains. Un pourboire de un dollar correspond à 24 pesos.

Pour ce qui est du secteur privé, on ne sait pas trop quelle sera la norme, mais il faut s’attendre à payer davantage pour les taxis communautaires, les produits en vente dans les « dépanneurs » et les restaurants.

Le tourisme est une des principales sources de devises pour Cuba. Il va sans dire que la pandémie l’a durement affectée. Alors, venez en grand nombre cet hiver lorsque les conditions le permettront. Ce sera bon pour le moral, le vôtre et celui des Cubains. Et puis La Havane, qui a célébré son 501e anniversaire, est toujours aussi belle.

Jacques Lanctot  

 

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